Salaire minimal dans les banques? Socle nécessaire ou exercice alibi? Témoignages recherchés.

10. Februar 2014

Cette année, l’ASEB déposera une demande de négociation du minium salarial dans les banques. Celui-ci s’élève actuellement à 50’000 francs par année depuis 2009. Le salaire minimal est un socle minimal de référence particulièrement utile pour les jeunes en début de carrière, les employés travaillant dans les régions périphériques et les personnes en recherche d’emploi. Il est grand temps pour une adaptation du salaire.
Jusqu’en 2007, il y avait plusieurs salaires minima figurant dans la Convention relative aux conditions de travail du personnel bancaire CPB. Ces salaires minima régulièrement négocié fixaient un socle salarial tangible pour un grand nombre d’employés de banque. Depuis 2009, il n’y a qu’un seul salaire minimal, il est de 50’000 francs. Lorsqu’il y a un seul salaire minimal, celui –ci n’est plus une référence directe que pour une minorité d’employés. Il reste cependant un seuil minimal important, à partir duquel l’échelle des salaires inférieurs et moyens est définie et dans cette mesure, il a une influence directe sur les salaires des employés de banques concernées par la CPB. Aucune revalorisation du salaire minimal n’a été négociée depuis 2009.
50’000 francs, cela semble peu en regard du salaire moyen du secteur financier de 9’428 francs mensuel ou 113’136 francs. C’est pourtant une référence concrète pour les employés de banque qui sortent d’apprentissage, pour les salariés dans des instituts financiers sans licence bancaires ou dans les régions périphériques. Selon notre enquête salariale 2013, le salaire moyen des jeunes de 20 à 29 ans est de 67’285 francs (médian 68’000 francs). Si l’on se limite aux employés de 20 à 29 ans, sans les cadres, le salaire moyen n’est plus que de 63’880 francs (média 65’000 francs). Par ailleurs les magasins comme Aldi et Lidl offrent des salaires minima de 4’200 francs, et 4’000 francs 13 x par an soit un salaire annuel de 54’600 francs resp. 52’000 francs par année. Ces salaires ont une influence sur les salaires de la branche du commerce de détail. Ils les tirent vers le haut. Cela a été perceptible, lors des dernières négociations annuelles dans le secteur de la vente.
Au regard de la formation poussée des employés de banque et des exigences toujours plus sévères en matière de régulation, l’ASB est convaincue qu’il est grand temps de revaloriser le salaire minimal de la branche. Ce sera sa revendication pour les négociations salariale de la CPB 2014. Son but

  • Assurer une augmentation des bas salaires et des salaires moyens par un effet de poussée générale qui se fasse sentir jusqu’au salaire moyen
  • Contribuer ainsi à une réduction de l’écart salarial particulièrement grand dans les banques
  • Protéger les régions périphériques contre un dumping salarial qui pointe son nez à certains endroits.

Dans le prochain take it, nous présenterons le cas de personnes de trois régions linguistique et de différents types d’instituts financiers gagnant des salaires inférieurs ou proches du salaire minimal de la CPB. Nous serions intéressés par d’autres témoignages afin demieux cerner la réalité de ces bas salaires et d’étayer notre argumentation pour les banques. Ecrivez-nous à info@aseb.ch>. Tous les témoignages seront traités avec la plus grande discrétion.